PATRIMOINE – 1130, RUE JEANNE-MANCE ET 1121, RUE ANDERSON

Nous avons réalisé une étude d’intérêt patrimonial portant sur les bâtiments situés au 1130, rue Jeanne-Mance et au 1121, rue Anderson dans l’arrondissement de Ville-Marie à Montréal.

La façade principale du 1120, rue Jeanne-Mance fait face au boulevard René-Lévesque Ouest. Il s’agit d’un agrandissement du corps principal formé des bâtiments anciens. Du côté de la rue Jeanne-Mance, on distingue deux élévations anciennes de ces bâtiments de trois étages, de hauteur légèrement différente, en briques rouges, positionnées en léger retrait l’une par rapport à l’autre. En 1988, des travaux d’agrandissement, nécessaires au bon fonctionnement du restaurant le Latini, sont réalisés. L’esthétique privilégiée se rapporte au post-modernisme. Sur la portion est de la façade, une verrière de deux étages, en décroché par rapport à la façade principale, est ajoutée. En 1997, un imposant solarium est installé, suivant le démantèlement d’une terrasse en cour avant. L’angularité traditionnelle des bâtiments est adoucie par l’utilisation d’une façade courbée, du côté ouest de la façade principale.

À l’exception d’une portion de façade d’origine le long de la rue Anderson, le 1121 présente une facture très contemporaine. La façade arrière se lit en trois temps. D’abord par la présence non-intégrée d’un petit volume en tôle brune avec un toit à un versant. Ensuite, la hauteur différente à la fois de la fondation et de la ligne du toit des deux élévations permet de distinguer ce qui a dû être des constructions distinctes, bien que contigües. L’ensemble est harmonisé par l’utilisation d’un matériau de recouvrement, le panneau de métal rectangulaire posé à la verticale. En 1998, les bâtiments sont réunis en sous-sol

En termes de valeurs esthétiques et d’ancienneté, les travaux exécuté en 1988-1989 et, en 2004-2005 démontrent un intérêt et une sensibilité à la préservation du cadre bâti typique des rues résidentielles que sont Jeanne-Mance et Anderson. Par leur volumétrie et l’intégration des façades d’origine, les bâtiments rappellent cette vocation. De même, ils conservent leurs adresses sur les axes nord-sud, legs du temps où les façades principales des bâtiments faisaient front sur les rues Jeanne-Mance et Anderson.

Nous sommes cependant d’avis qu’afin de poursuivre la restructuration des abords du boulevard René-Lévesque ouest telle que souhaitée par l’Arrondissement et la Ville, la démolition des bâtiments est envisageable. Un projet de remplacement remplissant les conditions d’intégration prévues dans le Plan d’urbanisme et par l’Unité de paysage centre-ville permettra de combler le vide créé par l’absence de constructions aux abords du boulevard et ce, depuis le milieu des années 1950. La présence d’une tête d’îlot marquée, s’inscrivant dans la logique de grande hauteur et d’imposants volumes, est tout à fait cohérente avec le cadre bâti et le contexte urbain du boulevard René-Lévesque Ouest.

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